Guy Peellaert – RIP

Posted on 19 novembre 2008

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Rock Dreams. In the sky désormais. Guy Peellaert est mort lundi d’un cancer. Il avait 74 ans. Pas fastoche d’expliquer comment ce Belge, graphiste, peintre et photographe, sut imposer une iconographie totalement rock. Pourtant il y eut quelque chose qui relevait de l’évidence.

Pour tout dire je ne me souviens plus très bien (aurais-je la mémoire qui flanche ?) si je vis ces premières planches dans Rock&Folk au début des eighties – un siège arrière de limousine occupé par des Stones aux activités stoniennes – ou si la pochette du Diamond Dogs de Bowie précéda :

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En tout cas, c’était évident. Ce mec s’appropriait, en même temps qu’il en inventait de nouveaux contours, toute la mythologie rock’n rollesque. Allant en chercher aussi les racines dans le film noir, les comics… Je ne sait d’ailleurs pourquoi mais, alors que le résultat est sensiblement différent, je l’ai toujours rapproché de la vision d’un Edward Hopper. Si un spécialiste passe par ces lignes et a une explication à ce fil ténu que j’ai toujours tenu, je suis preneur.

Pour en revenir à Peellaert, plus encore ou autrement que des bédéistes comme Chaland et Clerc qui apportèrent leur pierre visuelle, il traça les lignes entre son et imagerie pop. Dès les 60’s avec une esthétique pop art et puis sous influence du mouvement psychédélique (et de ses substances ?) comme ici dans un court adapté de sa bande dessinée Pravda la Survireuse

Et il va se révéler un touche-à-tout des contre-cultures en participant au film Jeu de Massacre

Mais c’est avec la sortie de Rock Dreams en 1974 qu’il marque plus qu’une époque puisque l’ouvrage sera réédité et de nombreuses planches utilisées dans les magazines du monde entier.

rock-dreamsAvec les textes de Nik Cohn, ils prêchent au passage une bonne parole de la rock-critic où la fiction vient donner son sens à la réalité; un journalisme gonzo qui prend parfois des libertés dans ce qu’il montre pour mieux traduire ce qu’est la rock life. Au hasard me revient en mémoire le tableau d’une Tina Turner bigger than life dans la provoc peinte en coulisses avec à l’arrière-plan Ike en maquereau qui surveille sa pouliche.

Ce coup de maitre ne sera pas sans lendemain. Et Guy Peellaert exercera ses talents aussi bien dans les affiches de cinoche, les pochettes d’albums ou encore un bouquin consacré aux figures de l’Amérique.

On se souvient aussi (si on s’en souvient pas pour cause de « j’étais pas né à cette époque », ça a été rediffusé au printemps sur France 4 et c’est dispo en DVD) de la recomposition qu’il réalisa pour le générique de la meilleure émission de ciné de tous les temps, Cinéma Cinémas, pour laquelle il traduisit en tableaux portant sa patte quelques scènes cultes de l’histoire du 7e art.

Il était encore à l’oeuvre récemment en tant que photographe suivant le groupe dEUS en studio

Et on peut retrouver son travail sur son site : http://www.guypeellaert.com/

RIP

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Posted in: Ciné, Médias, Musique