Surveillons ceux qui nous surveillent

Posted on 14 novembre 2008

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Paranoïaque ?  Demandez plutôt… Mais quand l’Etat (gouvernement) semble aux abois gardons le donc à l’oeil.

Sarkofrance vous connaissez ? Blogueur sur de multiples supports, il est un observateur attentif et critique de la France sous le règne du naboléon. Juan, ce n’est pas de la pub pour un lecteur social-démocrate éventuel car je ne le connais pas, est sans concession mais ne parait pas relever de cette pseudo mouvance « anarcho-autonome d’extrême gauche »  qu’a tenté de nous faire voir la machinerie sarkozienne. Il est plus simplement un opposant vigilant.

Et il faut croire inquiétant. Car surveillé. C’est ce qu’il explique ici :

sarkofranceEn cliquant sur le lien, vous découvrirez comment s’exerce cette surveillance. Et comment plusieurs lecteurs témoignent, eux aussi, avoir repéré des curieux. Services de l’Etat mais aussi quelques entreprises privées aux méthodes douteuses.

Nous avions relaté la démarche inquisitrice et parano du pouvoir dans deux posts précédents « Bloguez, vous serez (peut être) filmés… » et « Panique à Sarkoland face aux blogs » au travers d’appels d’offres (y sont obligés, c’est plutôt une bonne chose) pour surveiller journalistes et enseignants portés sur le clavier.

Problème pour ces « espions », c’est qu’entre Google analytics et autres Weetrack, les outils pour les débusquer existent. Et que parmi certains blogueurs il en est pour ne pas hésiter à recourir à des techniques complexes pour piéger les très bien payés observateurs et autres veilleurs à la solde des sbires de Sarkoland.

Après quelques agitations politiques de jeunesse et exerçant une profession que l’on dit en général fichée, cela m’a plutôt toujours amusé d’imaginer avoir une fiche aux RG. Je proposai même une fois à un inspecteur très sympa, et qui payait sa tournée, de la compléter sur des questions de moeurs s’ils en avaient besoin.

Sauf qu’on en arrive à des méthodes dignes d’un Fouché au petit pied (le salopard avait quand même une autre envergure politique). Du coup, on peut imaginer réagir.

Avec les outils utilisés sur nos blogs, on pourrait élire le meilleur fliqueur du mois. Une évaluation citoyenne des sommes dépensées au profit d’un seul camp (ou alors, l’UMP offre aux oppositions des infos sur elle-même à hauteur de 70% – score premier tour de la présidentielle ). Il y a aussi les techniques visant à affoler les compteurs. Employer un mot signal au même moment qui plongerait tous les outils de surveillance et les « observateurs » de l’Etat-UMP dans la panique. Il y a encore « l’auto-fichage » consistant quand on se sait surveillé à envoyer des signes totalement impossibles à interpréter et analyser.

Bref, s’ils font chier on va pouvoir aussi s’amuser et leur remplir leurs journées voire en pousser un ou deux au nervous breakdown.

La vraie question n’en demeure pas moins : de quoi a peur le pouvoir en place. Il doit sentir son assise et sa légitimité bien fragiles et le corps social bien mouvant pour perdre ainsi son sang-froid. Et il développe un vraie trouille du net qui risquerait de véhiculer idées et contestation.

Alors on en revient aux vieux réflexes droitiers : surveiller et punir. On va fliquer les blogueurs mais on aligne aussi les lois liberticides sur le numérique. On va essayer de faire peur et de faire condamner. Ecrans.fr avait relevé un texte voté en catimini par les grabataires du Luxembourg (Palais du), gauche comprise. Mediapart (le truc payant de Plenel) y consacre une intéressante et pédagogique vidéo :

Tiens on pourrait faire un « Casse toi pov’ con » day sur tous les blogs 🙂

[Mise à jour : Pour un bon motif (lutter contre les contenus et comportements illicites – ce qui reste à dessein bien flou – bien sûr), voilà le retour à la délation vichyssoise légalisée par la magie du web gouvernemental. Fallait oser, Sarkozy l’a fait ]

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