Crise etc. : première sommation

Posted on 27 octobre 2008

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Je sais pas vous mais je le vois venir gros comme un camion. Sous prétexte de crise et des erreurs d’élites protégées, on va encore nous faire avaler le bouillon amer de la rigueur, des licenciements et de la dérèglementation. On va venir nous faire les fonds de poche et intensifier flicage et répression de peur que, à force de passer les bornes et qu’il n’y ait plus de limites, on soit pris d’un vague relent contestataire.

Préparons nous donc à une économie de crise, aux systèmes D (j’y reviendrai) et à développer les moyens d’une résistance et d’un détournement de ce qu’on va nous appeler démocratie à longueur de débats télé dociles pour cacher que le système est, tout au plus, l’organisation d’une vague représentation destinée à nous faire gober les pilules du capitalisme, système aujourd’hui aussi totalitaire, puisque s’étant voulu totalisant, que l’était il y a vingt ans son pendant du communisme étatique. L’un, après l’autre, touche à sa fin et nous ne le pleurerons pas plus mais devrons rester vigilants sur les possibles à inventer à chaque instant.

Les actions vont devoir s’enchainer à rythme soutenu dans ce sens pour couper l’herbe sous le pied des appointés de la finance qui veulent, vaille que vaille, nous garder sous le joug de leurs intérêts et de leur idéologie.

Commençons relativement (mais pas tant que ça au fond car dans libertés numériques, il y a liberté) petit. Le Sénat se penche ces jours-ci sur le projet de loi Hadopi, dit aussi de riposte gradué ou « Création et Internet » et le Gouvernement a décrété « la procédure d’urgence » pour ce texte tellement prioritaire.

Jetant quelques idées au hasard m’est venue la plus simple : faisons comprendre aux élus et gouvernants qu’ils sont sous surveillance dans cette affaire et que leurs positions seront connues nominativement. Faisons aussi savoir à ceux qui poussent en ce sens que leur lobbying sera rendu public et que chacun aura alors le choix d’éviter leurs marques qui se mettent aux avant-gardes de la censure et de la répression.

Je l’exprimai ainsi l’autre jour sur un forum :

« 1) la liste des parlementaires qui vont soutenir le texte sera publique. Avec la circonscription concernée. On pourrait la relayer systématiquement de blog en sites, demander explications à leurs services ou aux élus de 2e rang qui ont envoyé tel ou tel au Sénat.
Bref, afficher leurs noms en gros sur les frontons jusqu’à 2012. Si ça tient jusque là.

2) Les entreprises, actionnaires, lobbyiste qui sont derrière Hadopi sont connus : d’Olivennes à Negre recensons-les, leurs activités et privons nos oreilles, yeux… de la purge qu’ils veulent nous faire gober.

Subsidiairement : – les FAI seront plus ou moins résistants vis à vis des demandes de répression, privilégier les plus courageux sera un bon encouragement (bizness is bizess).
– Expliquons comment les majors se sucrent sur le dos des artistes, démontons le mensonge du piratge et démontrons que cette loi est au service de quelques particuliers contre l’intérêt général.
– SOS spécialistes : entre cryptage, Freenet… des solutions existeraient déjà qui rendent Hadopi caduc. Apportez votre savoir et aidez à les diffuser largement avec une méthode qui expliquerait leur usage de façon simple. »

Ces idées en vrac ne demandent qu’à être reprises, modifiées, enrichies et répandues..

Elles seront une première sommation pour signifier que l’on ne peut faire tout et n’importe quoi…  Et ce dans tous les domaines. A nous de jouer.

[Mise à jour : un point exhaustif et documenté d’un texte idiot comme…une ministre sur le site de bbb]

[Mise à jour 2 : Tir de barrage et boycotts à préparer. ElectronLibre, très fiable en la matière, vient de donner l’info suivante sur une Commission européenne privatisée par Vivendi et ses amis :

« La Commission européenne ne bloquera pas la riposte graduée

Bruxelles avait trois mois pour faire connaître sa position sur le projet de loi « Internet et Création ». La commission pouvait dans ce délai imparti faire obstacle au texte de la ministre de la Culture et de la Communication française. Finalement, il n’en est rien, et si les autorités bruxelloises devraient toutefois transmettre quelques remarques au gouvernement français concernant la rédaction du projet de loi, ce dernier n’a plus à craindre le courroux de Bruxelles. »

Fonctionnaire, Bruxelles, corrompu… ne cherchez pas, y’a pas d’intrus dirait-on. ]

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