Crise : un Rocard de combat

Posted on 25 octobre 2008

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« Il est mort, et vraiment, c’est dommage. Je le verrais bien être traduit devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité ». C’est Michel Rocard dans une interview qui parle ainsi de Milton Friedman.

Dans ce texte à ne pas rater, « Pappy » fait de la résistance et donne un bon coup de vieux à ses silencieux camarades tout occupés qu’ils sont entre motions et alliances. Bref on a là, avec Larrouturou (tiens donc), une des rares voix issues du PS qui ait trouvé autre chose à dire sur la crise que « c’est bien malheureux ma bonne dame… ».

« Il faudra … condamner l’espoir d’une rentabilité à 15 %, alors que le PIB croît de 2 % par an. Cet objectif de 15 % est un objectif de guerre civile. Or, il a été formulé par les professionnels de l’épargne et personne n’a rien dit. Aujourd’hui, si on ne trouve pas d’inflexion, on est dans le mur. Le déclin du Bas-Empire romain a commencé comme ça… »

C’est ce qu’énonce un ex Premier ministre décidément en verve et qui reste l’une des rares têtes pensantes à gauche. Même si, une fois de plus, je ne serai pas d’accord avec l’éternelle volonté de modération qu’il préconise et qui se veut toujours être celle de la pédagogie et du tour de table. Face au tableau qu’il dresse, seule la radicalité d’une rupture peut payer. S’il n’est pas trop tard.

Reste que le réquisitoire du procureur Rocard vaut le déplacement.

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Posted in: Politique