DSK rattapé… par un jupon

Posted on 18 octobre 2008

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On va finir par en rire. En attendant le pire. En pleines turbulences, l’homme qui, avec d’autres, devait sauver la planète banquiers se prend les pieds dans une histoire d’alcôves. Rien de bien grave de ce côté de l’Atlantique. Anne Sinclair elle-même semble bien accepter l’idée de ne pas avoir épousé un parangon de vertus et les milieux autorisés (ainsi que quelques autres) bruissent depuis longtemps des écarts de Dominique Strauss-Kahn. Après tout, un job au FMI à 500000 dollars par an, et même si pour arrondir les fins de mois il faut faire quelques piges pour Canal+ (Le Grand Journal) sur la campagne américaine, ça aide à fermer les yeux.

Hélas, la prude Amérique ne le voit pas ainsi. Le directeur du Fonds monétaire international fait l’objet d’une enquête sur un possible abus de pouvoir dans le cadre de relations intimes avec une subordonnée. C’est ce qu’indique le très austère et libéral Wall Street Journal qui, en plus, peut se payer un social-libéral en pleine remontée de keynésianisme au passage. Libération et Le Monde expliquent que le riche socialiste, aujourd’hui âgé de 59 ans, aurait entretenue une relation avec Piroska Nagy, une ancienne haute responsable d’origine hongroise du département Afrique du FMI et mariée. Tous deux auraient échangé des mails et la chose se serait concrétisée cette année lors d’une conférence en Europe, poursuit le Wall Street Journal.

Et alors direz-vous ? Ce n’est qu’une histoire de cocu… Oui, mais les enquêteurs se demandent si l’ex-ministre des Finances a fait preuve de favoritisme – ou l’inverse – à l’égard de sa conquête. Ils voudraient aussi savoir si les émoluments touchés par l’économiste hongroise à son départ de l’institution était ou non excessifs par rapport à sa position hiérarchique. Paraphrasant la formule utilisée autrefois par Sarkozy qui le nomma à ce poste, DSK a expliqué que « L’incident qui s’est produit dans ma vie privée a eu lieu en janvier 2008. A aucun moment, je n’ai abusé de ma position de directeur du fonds ».

Nous ne relèverons pas le charme de la formulation 🙂 Enfin si, c’est fait. Et on notera que Piroska Nagy confirme ces dires, affirmant n’avoir bénéficié d’aucun avantage lors de son départ ni avoir été poussée vers la sortie suite à cette aventure.

On trouvera quand même que cela tomberait bien mal s’il y avait eu « prime canapé » pour un système aux abois qui cherche à s’acheter une crédibilité et à sauver quelques fonds de pension amis et pour lequel le patron du FMI fait preuve d’une diligence peu habituelle.

Le temps d’une respiration avec une bien jolie photo (d’une campagne où l’on ne vit que des couples « parfaits », suivant les normes qu’ils s’imposent à eux-mêmes, prétendre au pouvoir)…

… et revenons à notre social-démocrate dont les amis ne savent plus où donner de la motion depuis qu’il se laisse aller au confort new-yorkais.

L’inévitable bio Wikipédia est incontournable. Une bonne charge avec théorie du complot de l’inimitable Meyssan amusera (surtout la photo).

On peut aussi se taper sa bio officiel au FMI (en français siouplait).

Mais le meilleur est le portrait du Wall Street Journal du jour, cruel et réaliste. Même s’il est sans doute empreint de l’inquiétude des affairistes de voir la puissance publique, appelée à la rescousse hier, se piquer de se mêler des dernières bonnes affaires qui restent peut-être à faire, sous prétexte d’éviter un pire qui n’est jamais certain.

En plus du ridicule d’une affaire de lit digne de la cour de Louis XIV, s’ils sont capables (pas qu’aux USA d’ailleurs) de trouver un DSK gênant (ce qui reviendrait à nous dire que Royal ou Delanoë sont de gauche), on imagine que la suite ne doit guère les rassurer et que les cataclysmes annoncés sont porteurs de tous les dangers…

Tiens, une réunion est programmée ce week-end à Camp David avec Bush, Sarkozy, Barroso (et les semaines à venir s’annoncent pas terribles) : les épouses seront-elles conviées aux discussions ?

[Mise à jour : Si courir la gueuse est un sport volontiers toléré dans nos contrées pour nos élus, la pudibonde Amérique ne le voit ainsi. Et c’est bien dit ici. Mais une fois de plus, ce que tout le monde disait dans de petits cercles aura été tu au plus grand nombre.

Et, sans parler des méthodes à la hussarde, après tout chacun les siennes, et de l’imprudence politique du Don Juan de Sarcelles, on aura laissé tranquillement un candidat à la candidature (PS) et un ministre de premier plan afficher une image qui ne correspondait en rien à la réalité de sa vie. D’ailleurs, il se peut même que madame DSK ne trouve rien à redire au comportement de son directeur du FMI de mari. Et cela ne nous regarde en rien. Sauf que c’est un package star télé-ministre-tellement-peu-à-gauche-que-moderne qu’on a essayé de nous refiler. Et les donneurs de leçons de la presse parisienne ont encore bouffé la feuille…]

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Posted in: Politique