La musique s’invente un avenir

Posted on 15 octobre 2008

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Trip fainéant. Je reprends ici un billet mis en ligne sur mon autre crèmerie  (http://donjipez.20minutes-blogs.fr/) au cas où tu l’ais raté (je dis tu mais espère quand même que c’est vous). En plus comme je fais comme je veux, je me suis interrogé sur l’intérêt de faire cela et répondu par l’affirmative vu que le sujet mérite les idées  de tous.  (et pas que sur les logiciels qui font que Hadopi ne servira à quede).

Donc voici

Fluctuat.net nous apprend que le nouvel album d’AC/DC, Black Ice, aurait déjà été téléchargé 400000 fois… à six jours de sa sortie. Chiffre établi rien que sur les Torrent. Il est vrai que le groupe et le web ça fait deux.

Le gang des frères Young vient de confirmer une tournée anglaise et devrait bientôt compléter les étapes de son périple en Europe. Celle-ci passe par Paris (Bercy) les 25 et 27 février 2009. Et c’est déjà complet (sauf à espérer donc le rajout d’une date au POPB ou quelque escale provinciale).

A  63 euros le ticket le moins cher, un « twitteriste » nous faisait remarquer hier que « c’est plus du rock, c’est du racket… ». Si on ajoute les partenariats et les produits dérivés, les hardeux des antipodes devraient plus que rentrer dans leurs sous. Les Stones appliquent le principe depuis longtemps.

Certains fans ont peut être d’ailleurs compris que le download de l’album était compris dans le package avec le prix de la place 🙂

L’idée peut en tout cas ouvrir des pistes en matière de rémunération des artistes alors que les mesures de surveillance et de répression s’avèrent obsolètes avant que d’être. Mais il leur faudra pour cela mettre au pas ou rompre avec les responsables d’une industrie mourante qui ne veulent pas renoncer à se sucrer des deux côtés de la guitare. Il y aura aussi des méthodes de péréquation (ptin t’as vu le mot qui le fait grave là) à trouver pour des créateurs à audience moyenne qui ne drainent pas de telles foules et un business de produits dérivés aussi important. Là aussi, même si chacun va pleurer sa misère, il faudrait jeter un oeil sur ce qui se passe entre producteurs, promoteurs, tourneurs et patrons de salles pour voir si une meilleure redistribution ne serait pas jouable.

Tu oublie les petits va-t-on me lancer ? Bon, eux ils ont compris toute l’utilité du web pour créer du buzz autour de leur boulot. Et du coup attirer du monde, flatter le branché qui aura le t-shirt à leurs couleurs, avoir un lien direct avec leurs fans via Myspace, Youtube…

On pense là à Pete Doherty qui se filme à la maison en plein processus de composition ou de répétition. Ou encore à des remixeurs, sortant des skeuds en tirage limité mais qui, à force d’être repris et samplés, vont leur assurer une réputation et de solides cachets pour quelques heures de dijiing. Sans parler des porteurs du label « découvert sur le net » sur lesquelles les majors se précipitent entre deux compils et autres daubes pour tenter de faire quelques sous sans avoir rien investi sur des carrières débutantes (comme le firent les vrais producteurs autrefois).

On trouvera des exemples multiples au hasard de nos goûts respectifs. Après la scène alternative, les micros labels electro, les pressages autoproduits ou en séries limitées, malgré échecs, errements et récupération, en tâtonnant, c’est bel et bien un modèle qui est en train de se dessiner. Celui de la musique de demain dont seront absent les Universal et autres escrocs.

Ces solutions sont largement admises et mériteraient un test (managers, musiciens, tourneurs… lançons nous :))

Chimères contestataires et illusoires ? Que nenni. La preuve : le tout nouveau Nobel d’économie, Paul Krugman est favorable au téléchargement gratuit et anticipe les avancées technologiques en matière de propriété intellectuelle.

Il se réfère même à l’un des groupes symboles de la contre-culture, le Grateful Dead (c’est pas vrai : faut tout faire, Jerry Garcia, connaissez pas ?). Dans une toute autre époque, il avait été pionnier en incitant ses fans à copier des cassettes audio parce qu’il avait réalisé que plus il avait de fan, plus il vendait de produits dérivés et de places de concerts.

Reste le cinoche. Il y aura des pistes à explorer. La première, la plus évidente serait de se demander pourquoi taxer les FAI pour financer une télévision d’Etat (qu’on veut comme ça en tout cas) afin que la thune de la pub aille aux copains du privé ? Cet argent, peut être même avec une ponction moindre, ne serait-il pas mieux employé à soutenir le ciné en allant vers le CNC, la commission d’avance sur recettes ou carrément à des prises de participation dans des productions (en lieu et place de celle des chaines de télé à qui on veut le donner) ?

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Posted in: Ciné, Musique, Rock, Web