La bave(rez) aux lèvres

Posted on 14 octobre 2008

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« Gamin j’étais enfant de choeur puis j’ai tenu un bistrot pendant trente ans, c’est dire si des conneries j’en ai entendues, mais là on atteint des sommets… ». Au départ je n’avais pensé qu’à un lien dans la page « Vu, lu, entendu ». Mais la fatuité d’un tel faisan vaut quand même de s’y arrêter un instant.

Dans Le Monde ce pseudo économiste de Nicolas Baverez vient donc nous répandre sa bave de libéral appointé au même titre qu’une belle floppée d’exemples de la misère de la pensée qui se complaisent, entre deux petits fours à Davos, dans le repompage des théories les plus idiotes sorties des cénacles néo-libéraux. Mais la plume m’entraîne…

Dès le titre du quotidien du soir (mais surtout pas le grand), on frémit: « Le libéralisme, remède à la crise par Nicolas Baverez ». Avouons que devant tant de conneries réunies et symbolisées par un nom propre, on peut avoir envie de s’en arrêter là.

Mais le courageux qui ira plus loin sera récompensé de ses efforts et en aura pour l’argent qu’il va devoir filer aux actionnaires de son banquier. Un grand moment d’inepties, jusqu’aux deux dernières lignes qui tuent :

« Le libéralisme n’est donc pas la cause mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé. »

Faut oser.

Entre-temps, l’ami de Sarko-le-petit aura réussi à nous caser que les responsabilités sont politiques (un couvert de moins à l’Elysée ?) et que « le dérèglement des esprits n’est pas moindre que celui des marchés ». Pour preuve, retiens toi : « Les gouvernements qui ont largement distribué les dividendes fictifs de l’après-guerre froide et de la bulle financière dont le consommateur des pays développés fut le premier profiteur ». Salauds de pauvres va qui osent parler de leur pouvoir d’achat et empêchent les encaisseurs de bénéfices de profiter en rond.

Tellement bien lancé, il nous en réinvente les fondements des démocraties : « Les dérogations à l’Etat de droit, qu’il s’agisse du droit de la concurrence ou du droit boursier, ne peuvent se multiplier sans base légale ». Pas compris ? Il précise le Baverez : « En bref, dans ces interventions, l’Etat ne doit pas viser à se substituer au marché ou à l’Etat de droit, mais rétablir au plus vite leur fonctionnement normal ».

Traduction : sauvez la caisse et barrez vous bande de citoyens à la con.

Et de nous en refaire une sentence sur le manque… de libéralisme qui vaut son pesant de cahuètes

« Le maintien des structures d’une économie fermée et administrée a exclu notre pays des bénéfices de la croissance intensive ; il le surexpose aujourd’hui au krach ; il lui fera rater la reprise mondiale si la crise devient le prétexte à la remise en cause des réformes. »

Te pince pas, t’as bien lu. D’ailleurs  » le libéralisme est une philosophie politique fondée sur le respect des droits de l’individu ». Surtout s’il est riche et en bonne santé, certes. Bon, y en a une de cet acabit par phrase, suffit de suivre le lien (bis).

En plus, c’est ça ou le facisme nous explique le lécheur de bottes des caudillos de la finance qui espère bien fort : « Le capitalisme en crise va muter et non pas disparaître. »

Faudra se souvenir du nom de ce baveur baveux le jour où on fera une réunion d’un Comité de Salut public 🙂

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Posted in: Politique