La censure d’un film japonais validée

Posted on 9 octobre 2008

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Parfum d’ordre moral. Koji Wakamatsu est un cinéaste japonais (un oeil sur Wikipédia et surtout Imdb pour voir que c’est pas n’importe qui). Il est un des grands noms de ce genre dissident récupéré par la culture pop : le pinku eiga, genre érotique populaire prisé du public nippon et qui fut détourné en véritable critique politique et terrain d’expérimentation visuel par les cinéastes. Tout en fournissant aux spectateurs ce qu’ils étaient venus chercher.

En octobre 2007, un de ces films, inédit en France, portant un titre aussi mystérieux que provocateur : « Quand l’embryon part braconner » doit être distribué par Zootrope Films un petit indépendant exigeant qui bosse aussi dans la production. La veille de la sortie, la ministre de l’acculture Albanel s’émeut et décide d’une interdiction au moins de 18 ans. Concept piège inventé en 2001 pour éviter le classement X au film de Virginie Despentes, Baise-moi (quand tu veux…, carton jaune d’accord), qui se traduit dans les faits par l’expédition direct dans un ghetto de films qui seront mal diffusés et ne pourront être télévisés que dans les cases réservées… au porno. [On tourne en rond donc]

Zootrope,  soutenu par une demi-douzaine d’organismes professionnels, a ensuite contesté  cette décision auprès du Conseil d’Etat. Celui-ci vient de confirmer la décision prise par par le ministère, a-t-il indiqué dans un  communiqué sur son site internet.

Là où le bât blesse (tandis que le collant tue) encore plus, c’est qu’il indique que « la ministre n’a pas commis d’erreur  d’appréciation », le Conseil estimant que le film comporte « de nombreuses scènes de torture et  de sadisme d’une grande violence physique et psychologique ». Bein oui, c’est du cinoche fait par un auteur underground qui a  notamment co-signé et produit « L’Empire des sens » d’Oshima.

La Société des Réalisateurs de films (SRF) qui était dans le coup a même précisé « aucune scène de sexe explicite n’est recensée dans le  film (…) dont la violence reste symbolique ». Notons au passage que l’objet du délit fut réalisé…en 1966.

Après Saw III retoqué pour violence (bein oui, c’est du cinoche bis), voilà encore un petit coup de bâton moralisateur dans une société qui prend ou accepte un drôle de chemin…

Sortez les enfants, voici la bande-annonce :

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Si il y a eu une sortie DVD, elle m’a échappée…

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Posted in: Ciné