Travail : la lettre de non-motivation

Posted on 5 octobre 2008

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Travailler fatigue. Et c’est même trop dur. Pourtant le patronat et ses sbires exigent que l’on fasse préventivement preuve d’allégeance en se fendant d’une lettre de motivation. Il ne s’agit pas de demander un emploi mais bel et bien de baragouiner que l’on est prêt à donner un oeil si Sa Boursouflure de DRH, de cabinet de recrutement ou équivalent consent à nous accorder ce que le préambule de la constitution de 1946 (repris dans celui de 1958) nous attribue de droit.

Nous voilà donc face un exercice de rhétorique qui devra se poursuivre par une épreuve d’éloquence lors de l’entretien d’embauche. Parce que dire : je veux bosser chez vous parce qu’il faut que je bouffe, que je n’ai plus le choix là, qu’on m’a dit que c’est assez peinard, que les horaires sont pas trop chiants, qu’il y a pas mal de jours de RTT et un CE efficace; ça le fait pas.

A la lecture des exigences formulées dans certaines annonces, le soupçonné d’être un profiteur le demandeur d’emploi a envie de s’inspirer du cultissime Hunter S. Thomson qui, écrivant à un directeur de journal au début des 60’s lui expliquait être prêt à salir sa plume dans son torchon mal foutu si ce dernier était assez courageux pour vouloir sortir son titre de la nullité crasse et du niveau fangesque dans lequel il pataugeait. Il n’eut pas le job. Il fit mieux et réussit là où tout une profession connait le naufrage.

Julien Prévieux, artiste parisien né à Grenoble, a réalisé une série de lettres de réponses à des annonces en forme de démontage artistique de la réalité pour la renvoyer à son absurdité totalement savoureuses. C’est à lire ici en pdf:

non_motivation1

Etonnant non ?

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Posted in: Politique, Société