Porno français : un âge d’or sur fond anar

Posted on 29 septembre 2008

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Vous l’avez raté ce dimanche soir ? Rien de grave, il y aura une session de rattrapage. L’Âge d’or du X français sera rediffusé sur Paris Première le 2 octobre à 0h25.

Mais on ne s’emballe pas. Le documentaire réalisé en 2006 par Laurent Préyale et Nicolas Castro est avant tout une relecture humoristique et socio-politique d’une période allant des early 70’s au début des années 80 au travers du prisme du ciné porno hexagonal.

Parce qu’il s’agissait de cinoche (quelques auteurs traditionnels s’y aventurèrent sous pseudo) et de pelloche. Mais aussi parce que le cul était révolutionnaire, contestataire et libertaire.

On y retrouvait des militants du libertinage mais aussi des réalisateurs militants, anars, qui venaient y récolter les subsides nécessaires pour filmer des bandes (oups) plus personnelles (et oui) ou avec la volonté de dynamiter une société bien-pensante et bourgeoise. Et aussi d’habiles producteurs, money-makers à tout prix et le revers de la médaille inhérente au genre. Mais pas autant qu’on le croirait. Et que ne le crurent des Michel Guy (inventeur de la classification X et interrogé pour la télé par… Catherine Salasse – écoutez bien le lancement du sujet) ou un Jack Lang qui s’emploie à rassurer les associations familiales cathos à peine arrivé rue de Valois.

Des nudies grivois aux débuts de la vidéo qui marquera la fin d’un certain artisanat et le début d’une conception plus « industrielle » du marché (ce qui n’empêchera pas quelques perles qui méritent, n’est-ce pas Gaston – cherchez pas).

Et puis toute analyse de côté, on recroise ou évoque dans ce court docu (1 heure) des figures incontournables d’un certain underground.

Liste rapide: José Bénazeraf, l’anarcho-pornocrate précurseur, Jean Rollin, le roi du Z français et de la femme vampire nue, Michel Mischkind, producteur aussi roublard que sympa qui sut bien s’adapter à la ghettoïsation du genre, Jean-François Davy, le réal passé du film d’auteur à Exhibition, le porno qui regarde le porno, Brigitte Lahaie, bien sûr, ou Marilyn Jess, les premières stars, Denise Dubois, célébrée par Patrick Sébastien (celui de la télé) dans un livre narrant ses nuits échangistes, Alban Ceray, Jean-Pierre Armand, les hardeurs qui n’en avaient pas encore le nom, et les réalisateurs Alain Payet, Gérard Kikoïne et autre Burd Tranberee…

Le cul avec un sens: toute une époque 🙂

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Posted in: Ciné, Société