Un Coluche qui revient à pic

Posted on 25 septembre 2008

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Et un Coluche dans ta face, un. Le biopic, c’est tout bon ou tout naze. Pas trop ma came par principe. Ca oscille entre le portrait aussi fidèle que linéaire d’admiration gaga et le règlement de comptes gratuit avec une figure mythique. Sauf que. Il y a parfois une vraie volonté, un vrai cinéaste aux manettes et de Raging Bull (Jack la Motta) en Walk the line (Johnny Cash) ou Control (Ian Curtis) quelques réussites figurent au compteur. Si j’entends La Môme, je plie les gaules et me barre…

Là c’est de Caunes qui s’y colle. Un Antoine de Caunes qui dans son N. donnait déjà dans l’évocation, celle des derniers jours de Napoléon, et auquel nous devons l’inégale Les Morsures de l’aube . Un film qui avait le double mérite de se lancer dans une tentative de cinoche de genre à la française et de nous faire passer 1h30 avec Asia Argento. Et je n’évoquerais que pour les fans hardcore, la présence en cameo discret d’un couple BDSM très connu à l’époque (z’ont un peu disparu depuis) de la « scène » du même nom en fond de plan d’une séquence en boite de nuit (allez on ressort ses DVD et on cherche:)).

Son Coluche a déjà gagné un pari. La bande-annonce (que voici, que voilà) balance déjà son petit électrochoc. Palsembleu se dit le spectateur lambda : il nous faudrait une mec comme ça pour tout dynamiter aujourd’hui comme il le faisait à l’époque. A priori l’Antoine, qui lui aussi tentait au même moment de nous sortir de la léthargie giscardienne avec son Chorus du dimanche matin où il balançait dans nos oreilles pas encore lavées Clash, Ramones et même le Boss pour un Rosalita-Born to run à coller n’importe qui au plafond, le Toinou donc, disais-je, semble avoir recentré son film sur une période charnière. Celle de la candidature de l’homme à la salopette à la présidentielles au tournant du giscardisme agonisant et d’un Mai-81 (t’as vu j’y ai pensé :)) qui changea ce qui changeait finalement déjà (ce qui fut loin d’être facile : on ouvre son livre d’Histoire).

Avant le saint laïc des Restos du coeur (fort utiles au demeurant puisque les pouvoirs publics piétinent allègrement le préambule de « leur » constitution et n’assument pas leurs devoirs), c’est donc Coluche le dynamiteur qu’on risque de retrouver. Celui qui ne respectait rien, sauf l’essentiel, et bousculait joyeusement les conformismes rancis (oups). Le mec qui se fit candidat à la Présidentielle en forme de gag et leva derrière lui tout ce que le pays comptait (déjà) de laissés pour compte et de rebelles en recherche d’oxygène. « Je serai le candidat des drogués, des alcooliques, des chômeurs, des jeunes, des pédés… », jetait-il à la face d’un pays « légal » sclérosé. Comme celui d’aujourd’hui ? Tant et si bien d’ailleurs qu’il se trouva débordé par sa popularité et sous pressions dû se retirer, avec l’argument massue qu’il risquait de faire perdre la gauche…  Ce qu’on ne saura jamais.

Espérons donc que le film soit réussi (sortie le 15 octobre) . Et qu’il ravive les envies, un peu sous anesthésie, de faire un bon bras d’honneur à la France qui se veut d’en-haut et d’en scier les pieds d’argile 🙂

C’est pas rock ça coco ? Tribute au passage au crâne glabre du Professeur Choron qu’on aperçoit avec sa tribu de snipers anti-cons.

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Posted in: Ciné, Politique