Jérôme Bourreau-Guggenheim viré de TF1 à la demande d’Albanel (mail explicite de son cabinet comme l’a montré Le Canard Enchaîné) témoignait hier soir dans l’émission de France 3, Comme un vendredi présentée par Samuel Etienne. La télévision de Bouygues-Sarko reproche à son ex-salarié d’avoir, à titre privé, pris partie contre la loi Hadopi. Il s’agit bien évidemment d’une atteinte grave à la liberté d’expression et d’opinion et, alors même que la résistance à Hadopi s’organise, il est étonnant et choquant de voir que la ministre concernée (et la députée) n’a toujours pas démissionné. Le mois de vacances offert à un lampiste ne peut suffire dans une telle affaire qui demanderait aussi une enquête sur une chaîne télé qui démontre une fois de plus l’étendue de sa crédibilité et de son indépendance
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c’est un peut limite de se faire virer comme ça
Quand le ministère de l’intérieur censure les élections.
Ayant échoué à censurer le site internet Wikipédia (voir l’article de Rue89.fr tinyurl.com/o6oucx), ayant échoué à censurer la liste Dieudonné pour les européennes (voir l’article de Liberation.fr tinyurl.com/psp87j), le ministère de l’intérieur se rabat sur une censure plus simple à mettre en oeuvre : celle de son propre site internet.
Et c’est ainsi qu’ont été censurés… les résultats des élections municipales de 2008 !
Il était une fois une époque où l’on pouvait obtenir la liste des élus 2008 de n’importe quelle commune en consultant le site internet du ministère de l’intérieur. Une chose bien pratique pour tous les cyber-journalistes fervents de démocratie directe et d’information à la source.
Avec les noms des élus, et celui de leur ville d’élection, il était possible de prendre contact par téléphone, ou courrier, directement au domicile de la majorité d’entre eux, parce qu’ils sont, tout bonnement, inscrits dans l’annuaire (pagesjaunes.fr).
Etant au service de leurs concitoyens, élus par la majorité, ils n’ont pas vraiment de raison de se cacher de la population, surtout dans les petites communes sans problème particulier.
Cette possibilité de démocratie directe et citoyenne permettant de court-circuiter les médias aux ordres était évidemment un gros problème pour un pouvoir aux visées pas forcément démocratiques.
Solution ? Censurer.
Démonstration…
Aller sur la page “Plan du site” du ministère de l’intérieur :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/plan
et chercher les liens concernant les élections.
Ils se trouvent tous au paragraphe “Elections”, vers le milieu de la page.
Pour les élections municipales, le plan du site signale TROIS liens, en colonne de droite du paragraphe :
Municipales 2008
Municipales 2008 (France entière)
Municipales 2001
Si on clique sur le premier lien on se retrouve sur une page… vidée de ses données.
La page (le contenant) existe bien mais les données à afficher (le contenu) sur cette page n’existent plus. Là où se trouvait auparavant le menu permettant d’accéder aux noms des élus de toutes les communes de France, il ne subsiste plus qu’un rectangle blanc (ce qui nous ramène ironiquement au “bon vieux temps” de l’ORTF des années 70, quel progrès !)
Le deuxième lien, “Municipales 2008 (France entière)”, n’ouvre pas une page mais un fichier tableur (Muni_08_FE_Metro_OM_T1_T2.xls) qui donne seulement les % des diverses factions politiques et ne contient absolument aucun nom.
Ce premier lien, “Municipales 2008″, désormais censuré, ouvrait donc un menu donnant la liste des départements puis la liste des villes par département puis la liste des élus par ville.
Cela permettait, par exemple, de contacter en quelques clics la plupart des élus de la charmante petite bourgade de Céret, dans les Pyrénées Orientales (66), bourgade dont vous n’aviez sans doute jamais entendu parler jusqu’à présent.
Pourquoi citer cette commune là ? Qu’a-t-elle de particulier ?
Elle n’a rien de particulier, si ce n’est qu’un citoyen local a reproduit au format pdf, sur son site personnel, la page du ministère de l’intérieur qui donnait les résultats avant que ceux-çi soient censurés : tinyurl.com/pff9nh
C’est la confirmation que sur le site du ministère de l’intérieur les élus municipaux de Céret (66) ont été censurés, comme ceux de TOUTES les communes de France.
A priori, le ministère de l’intérieur estime donc qu’il est préférable pour [insérer ici un motif ministériel quelconque de votre choix, exemples : la paix civile, la lutte contre le trafic de drogue, diminuer la surpopulation carcérale, faire baisser la délinquance, empêcher la résurgence du nazisme, démanteler les filières d'immigration clandestine, faire baisser les violences conjugales etc.] que les français ignorent qui sont leurs représentants.
Et si ce n’était point de la censure mais un simple bug informatique ? Un crash des données ? Une maladresse de webmestre ?
Que nenni. Il suffit pour s’en convaincre d’aller non pas sur la page du plan du site mais directement sur la page des résultats des élections, cette fois à partir de la racine du site :
http://www.interieur.gouv.fr/
A gauche, dans la rubrique verte “A votre service” (tu parles…), passer la souris sur “Les élections” puis choisir “Les résultats”.
On arrive sur une page avec des liens donnant accès aux résultats des élections, dont les résultats des municipales, sauf que cette fois il n’y a pas TROIS liens (comme indiqué sur la page du plan du site) mais seulement DEUX liens :
Municipales 2001
Municipales 2008 : France entière Tours 1 et 2
On constate que le lien le plus important, “Municipales 2008″, est absent.
D’après le plan du site, ce lien existe. Concrètement, il n’existe pas. Plus exactement, il n’existe plus car il a été censuré, tout comme les données auxquelles il menait.
A quoi imputer cette disparition de lien ? Erreur ? Négligence ? Censure ?
Nous allons voir qu’il n’y a qu’une seule explication, la censure, car ce lien a été sélectivement supprimé parmi tous ceux de la page.
Pourrait-il avoir disparu seul, par inadvertance ? Non. S’il peut y avoir perte totale par inadvertance, d’un fichier COMPLET, il ne peut pas y avoir disparition “magique” d’une ligne définie par ses codes HTML au sein d’un fichier internet car les pages internet sont de “simples” fichiers au format Texte (comme indiqué par le T de H-T-ML).
Des phrases précises, parfaitement bien délimitées, ne disparaissent pas comme par enchantement d’un fichier Word, pas plus que cela ne peut arriver dans des fichiers format HTML (ou au format pdf ou à tout autre format de traitement de texte d’ailleurs).
Des blocs de données peuvent être corrompus, par défaut du support physique, mais pas seulement quelques caractères, qui plus est bien délimités et conservant la cohérence informatique globale du fichier (sauf à supposer un miracle par l’intercession du Saint Esprit et de la Vierge Marie, mais le ministère de l’intérieur n’est pas tout à fait l’évêché de Lourdes…)
Il y a donc bel et bien eu censure, tant sur le lien que sur ses données.
Hélas pour le ministère (et heureusement pour nous les internautes) le censeur (ou celui, ou celle, qui a donné l’ordre au censeur) à oublié que ce lien à supprimer était AUSSI présent sur la page du plan du site.
Le censeur à donc supprimé un seul lien sur les deux existants, coupable négligence signant son forfait (songez à faire une copie d’écran car il est probable que, une fois révélée, la négligence sur la page du plan du site sera réparée rapido-presto).
Impossible donc d’évoquer une “erreur technique” comme il s’en produisait si souvent dans les journaux communistes à l’époque du mur de Berlin (y compris de notre côté du mur, le journal L’Humanité des années Marchais était célèbre pour ce type chronique de mise en page).
Le communisme a disparu (hormis les spécimens conservés dans un but thérapeutique) mais la tentation du pouvoir absolu n’est pas l’apanage exclusif de l’idéologie communiste et cette pathologie affecte à divers degrés le pouvoir actuellement en place en France. Il semblerait même que la gravité de l’affection soit proportionnelle à l’importance du poste occupé dans la hiérarchie républicaine.
Revenons aux données “municipales” qui se sont évaporées…
Outre le lien résiduel de la page “plan du site”, qui signe le forfait, ce que les apprentis censeurs ont aussi oublié c’est que la totalité de ces données, publiques, sont restées disponibles fort longtemps avant d’être censurées.
Elles sont par conséquent toujours disponibles depuis divers autres sites les ayant dupliquées afin de pouvoir les présenter dans une mise en page différente de celle du ministère de l’intérieur.
On retrouve donc sans trop de peine les résultats censurés.
Ceux de Céret (66) sont par exemple consultables entre autre à la page
http://www.linternaute.com/ville/ville/elections-municipales/11289/ceret.shtml
Si la volonté de censure ne fait donc aucun doute, ses conséquences sont minimes et on voit que ses effets restent très limités.
Mais pour passer d’une démocratie à une dictature, il faut y aller soit brutalement, par un coup d’état, soit à petits pas, par petites intimidations successives, petites censures progressives et injection de fascisme au goutte à goutte.
Le coup d’état n’étant, heureusement, pas possible à l’heure actuelle, c’est le dernier scénario qui est en cours : intimidation, censure et fascisme par petites touches.
Pour l’intimidation, en France, c’est fait.
Tout citoyen sait désormais qu’il risque :
- la garde à vue sans motif, tinyurl.com/dxy8v4 et tinyurl.com/dku4mb
- de perdre son emploi s’il expose à son député (premier rouage du Système) un avis contraire à celui du gouvernement concernant ne serait-ce qu’un simple projet de loi, tinyurl.com/cl569a
Tout journaliste sait aussi désormais qu’il risque quelques mois de prison par lettre de cachet modernisée s’il n’est pas suffisamment à la botte du gouvernement : tinyurl.com/qkszsg
Pour la censure, les grands médias étant déjà aux ordres, il ne reste au gouvernement qu’a censurer internet.
C’est en cours : HADOPI n’est qu’un prétexte, le début d’un processus qui à terme vise à pouvoir enregistrer TOUT ce que vous faites à partir de votre ordinateur, afin de l’utiliser contre vous à la moindre velléité d’opposition.
Techniquement, HADOPI est déjà obsolète mais la caractéristique principale des aspirants dictateurs n’étant pas la compétence en quoi que ce soit (hormis en la mise en place d’une dictature) ils croient encore qu’HADOPI puisse être la panacée.
De toute façon, en solution de repli, ils pourront toujours à tout moment sortir de leur chapeau n’importe quelle HALDE du net, par exemple une HALPI (Haute Autorité de Lutte contre le Piratage sur Internet). Les instances de type inquisition n’ont absolument pas besoin de preuves puisque c’est à l’accusé de démontrer qu’il est innocent, ce qui est grosso-modo le principe de fonctionnement actuel de la HALDE.
Le peuple étant (croient-ils…) en voie d’être muselé grâce au contrôle d’internet, il ne reste plus qu’à supprimer la première courroie de transmission démocratique, celle qui est au contact direct du peuple et pas encore totalement partie prenante du Système, c’est à dire les élus municipaux. Et le tour sera joué, il n’y aura plus d’opposition, “preuve” d’un gouvernement parfait.
Comme supprimer directement ces élus poserait des problèmes de gestion du quotidien (dont le gouvernement ne veut évidemment pas s’embarrasser) une solution pour étouffer les revendications du peuple consiste à diminuer les possibilités que le peuple a d’adresser des doléances à ses élus. Dans une démocratie, quand l’objectif est d’établir en douceur une dictature, le moindre petit pas vers un petit peu moins de démocratie a son importance.
Le dernier petit pas en date est donc cette indolore censure, sur le site du ministère de l’intérieur, de la totalité des noms des élus des municipales de 2008. Cela diminue les possibilités pour le peuple de s’adresser à ses élus de premier niveau.
C’est un pas plus que petit, à tous les sens du terme, mais il n’y a pas de petit pas qui soit trop petit quand il s’agit d’habituer la population à ne plus pouvoir s’exprimer.
Certes, c’est là un pas vraiment microscopique car il n’y a pas grand monde qui ait l’utilité de savoir comment se nomment les élus des 36.000 communes de France.
C’est même un petit pas de longueur nanométrique quasi nulle, puisque d’autres sites internet que celui du ministère de l’intérieur hébergent la totalité des noms des élus, vu que ces données sont (ou plutôt “étaient”…) publiques.
Mais ce nano-pas, le ministère de l’intérieur l’a fait, volontairement.
A part de vouloir tout faire pour habituer, petit à petit, la population à être coupée de ses représentants, quel autre motif pourrait donc justifier une telle censure ?
Aucun autre motif ne peut la justifier.
Sauf peut-être… Al Qaïda !
Voilà, c’est ça, c’est la faute d’Al Qaïda.
Dès qu’il y a restriction des libertés, c’est la faute d’Al Qaïda.
Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ?!
Bon sang, mais c’est bien sûr : c’est indubitablement à cause d’Al Qaïda !
Al Qaïda a planifié d’envoyer un kamikaze frapper à la porte de tous les élus de toutes les communes françaises, en récupérant leur nom sur le site du ministère de l’intérieur et en trouvant leur adresse dans l’annuaire.
La chose peut se planifier depuis n’importe quel point de la planète connecté à internet.
Comme pour Robert Redeker, ce professeur obligé de démissionner, de déménager et de vivre caché dans son propre pays encore aujourd’hui, parce qu’il a déplu à Al Qaïda et qu’il avait eu la naïveté d’être dans l’annuaire, ce qui permettait de venir éventuellement frapper à sa porte.
Certes, pour 36.000 communes, il faudrait AU MINIMUM 36.000 kamikazes, ce qui n’est pas rien, mais “Inch Allah, si Dieu le veut…” allez donc savoir ce dont est capable Al Qaïda, hein ?
Oui, oui, c’est ça, c’est la faute à Al Qaïda. Les gens d’Al Qaïda sont très méchants, ils ont planifié des attentats suicide contre TOUS les élus municipaux français.
Mais sans les données du ministère de l’intérieur, Al Qaïda est impuissant.
Ouf, la démocratie Française est sauvée !
Heureusement que le ministère de l’intérieur s’est auto-censuré sinon c’était le premier génocide démocratique municipal de l’histoire.
Cette censure c’est forcément la faute à Al Qaïda, forcément, car il est bien évidemment absolument impensable que la bonne explication à cette interdiction d’accès aux résultats des municipales 2008 soit tout simplement la nullité sans fond de quelqu’un au ministère de l’intérieur planifiant avec zèle, depuis les limbes de sa tour d’ivoire, la France d’après la démocratie.
Voilà effectivement une disparition étonnante. Je la trouve de plus assez inutile car si je cherche à contacter un élu municipal je vais m’adresser en priorité à ma mairie et ne pas transiter par les ministère de l’Intérieur. Celui-ci a surtout vocation a recenser de façon “neutre” les données globales pour l’ensemble du territoire, permettre des comparatifs et des études, bref assurer la fonction d’un état impartial… On peut y croire
Même dans une période ou un dir cab de ministre demande la tête d’un salarié à une entreprise privée, chaine télé partie prenante du lavge de cerveau médiatique que l’on tente. Et où la ministre comme d’autres mis en cause gravement ne s’explique ni ne démissionne.
La startégie sur le domaine de liberté qui fait peur à cet Etat sarko devient de plus en plus clir avec la Loppsi qui va suivre Hadopi et la voie tracée par pn équivalent italien qui impose (tente) une censure sur le web quela Chine ou la Birmanie pourraient lui (et bient^t nous) envier.
Je suis d’avis que pour l’heure MAM et le lobby sécuritaire présidentiel dont le pestinentiel Bauer sont surtout obnubilés par la pseudo mouvance natcho autonome d’ultra gauche. Ils en sont venus à négliger Al Quaïda et autres terrorismes possibles pour concentrer une partie des moyens sur cette chimère, quitte à créer cette mouvance de toute pièce. Cela correpond aussi à une guerre dans l’ombre entre services avec certains prêts à fournir aux politiques les dangers qui n’existent pas pour justifier de leurs budgets et de leur importance. Problème, ils servent une parano d’Etat – qui espère aussi des mouvements violents pour justifier une répression et une atteinte aux droits -, et on délaisse des pans entiers de surveillance de réseaux qui sont, eux, bien réels, et potentiellement dangereux comme ils l’ont montré.
@Dominique Supo
Rien de plus normal pour un gouvernement fascisant de pratiquer une escalade fascisante. Et évidement aucun de nos “grands médias” n’abordent le sujet . Ils se sont déjà fait à l’idée de porter des chaînes aux chevilles, au poignets et au goût du sparadrap sur la bouche. Circulez il ne faut rien voir ! tous des pourris.