J’avais suivi l’histoire de l’appel d’offres émanant des services de Fillon pour une surveillance contre rémunération allant jusqu’à 300000 euros (de deniers publics au service de tout sauf l’intérêt général) de certains blogs. Particulièrement visés les journalistes-blogueurs susceptibles de profiter de la toile pour échapper à celle tissée pour s’assurer la bienveillance des médias officiels que l’on tient avec la carotte et si besoin, parfois, le bâton. Et ainsi d’y révéler des infos ou d’y prendre des positions qu’ils ne pourraient au sein d’un old fashion media.
Narvic sur Novövision avait relevé cette singulière démarche visant à surveiller une catégorie de blogueurs bien précise dans son billet “Le Gouvernement a-t-il peur des journalistes blogueurs” qu’il a depuis [mise à jour] dû choisi de dépublier (voir ses explications en commentaire)
Aujourd’hui, sur l’un de ses blogs Juan de Sarkofrance nous offre un panorama plus large. Sous le titre “Les blogs affolent-ils Sarkozy”, il fait état de démarches semblables dans l’Education nationale – et oui un prof ça peut contester, réseauter et avoir des idées – des menées de Princen dans les officines douteuses de l’Elysée, où l’on utilise volontiers la censure en douce (vidéos de Torapamavoa sucrées sur youtube), ou encore du communicant Saussez qui offre l’avantage (pour ses adversaires) de conjuguer bêtise et prétention.
A lire Sarkofrance, on découvre quelques outils techniques sur lesquels il va falloir garder l’oeil et peut être apprendre à contourner comme le font certains réseaux contestataires qui les évitent déjà avec des méthodes relevant de la clandestinité (retour au samizdat ?). Embêtant pour une soi-disant démocratie (le capitalisme parlementaire de Badiou me convainc plus).
On comprend mieux aussi l’acharnement législatif sur tous les projets coercitifs en matière de web qui se mettent en place; d’Hadopi, au nom de povs’ artistes (pas tous d’accord), au filtrage qui protègera contre les dangereux pédophiles et terroristes qui tapotent sur chaque clavier de France et de Navarre…
Inquiétant quoi…
3 commentaires
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@ Donjipez
Je n’ai “dû” dépublier ce billet, j’ai choisi de le faire et personne ne m’y a forcé. Je m’explique donc chez toi.
Je l’ai fait pour une raison de forme et d’éthique, et pour une raison de fond :
- Ce billet n’était qu’une citation, renvoyant à un autre blog. L’auteur de ce blog a choisi de retirer son billet (pour une raison que j’ignore. Il ne l’a pas dite, et je ne la lui ai pas demandée). Pour moi, il est libre de le faire. Et ça me posait un problème de laisser en ligne chez moi ce qu’il avait retiré chez lui. C’est exactement ce que je demandais à @si, et qu’on m’a refusé : ne pas laisser en ligne chez eux, des propos que je ne souhaitais pas être publiés, par ce que j’en ai bien le droit.
- sur le fond, l’attitude de “nos confrères des médias” à ce sujet m’a semblé très hypocrite. Faire semblant de découvrir que la corruption est très répandue dans la presse, et que la soumission au pouvoir politique est un bon moyen de faire carrière pour les journalistes “en vue”, avec une sorte d’injonction d’apporter des preuves à ceux qui disent ce qu’eux-mêmes savent déjà, sans se sentir obligé d’aller chercher ces preuves eux-mêmes, tout en profitant du buzz et de la polémique qu’on contribue à créer en faisant résonner ce genre d’info sans se mouiller soi-même, c’est carrément putassier. Que les médias en ligne concernés se reconnaissent…
Cette attitude m’a semblé assez dégoûtante. Alors j’ai replié boutique, et je les renvoie à leur propre défaillances : si ce sujet mérite d’être relayé quand il est évoqué chez les autres, il mériterait surtout qu’ils fassent eux même leur job en enquêtant sur leur propre média… On attend toujours.
Voilà. C’est tout.
La précision a été prise en compte. Le “dû” avait été un peu rapide
Ce qui m’avait surtout intéressé c’est la volonté de surveiller l’activité extra média classique des journalistes.
Ce qu’on garde et ce qu’on publie est une question d’ailleurs qui restera difficile à trancher. N’empêche que je me suis précipité sur Google pour l’histoire Gaccio-Royal avant de dire comme tout le monde que ça n’a aucune importance…
Mais, même à un niveau local, il peut arriver que l’on dispose d’éléments que l’on ne sort pas mais qui animent nos diners en ville (c’est fou ce que les gens d’un métier où on est censés être curieux et ouverts aux autres aiment à se voir et à vivre dans des cercles boboisants pour se lamenter sur leurs problèmes…). Mais d’un autre côté, il y a la loi et la décence à respecter sur certains aspects de la vie des gens (à ce sujet sur Gaccio…).
Ton comment’ tombe le soir où j’ai eu une discussion avec ma hiérarchie sur la notion de blog pour un journaliste. Et pour revenir à l’appel d’offres du gouvernement pour une surveillance ciblée, il me semble qu’il s’agira avant tout d’empiéter sur un espace privé des personnes ciblées. En gros, la direction (comme je pense la quasi totalité de ses homologues) du titre considère que le style peut y être différent mais que le journaliste blogueur sur le site web de son journal doit rester dans les clous dans le sens où il représente “la marque”.
C’est donc bien l’individu qui de chez lui va rédiger commentaires ou autres qui peut donc être visé par la future surveillance gouvernementale. Car, logiquement, son employeur considère que le journaliste agit alors là comme un simple citoyen qui militerait, rédigerait un journal associatif ou que sais-je encore.
Mais tout cela n’est qu’un mini phénomène et je trouve bien plus inquiétantes les démarches visant les enseignants et les méthodes préconisées par tous les volets législatifs d’Hadopi aux projets Besson…
[...] quelques réactions s’inscrivent dans une veine digne d’Orwell, toutes ne sont pas aussi tranchées. Elles [...]