Et si ça chauffait ? Vraiment. Parce que la vie en entreprise n’est plus vraiment une vie dans nombre d’entre elles. Parce que face au travailler plus pour garder son boulot, gagner autant et/ou en cédant au chantage du patronat, il y aurait comme du ras-le-bol dans l’air. Parce que la notion de travail a été dévoyée par une conception idéologique et une accélération des pressions. Parce qu’on voudrait nous faire prendre un emploi pour une raison de vivre… Parce que…
Les DRH – nom qui a servi à rebaptiser l’ancien vocable de chef du personnel, fonction autrefois souvent dévolue à quelque militaire ou gendarme à la retraite avec pour mission de tenter de faire marcher l’ouvrier à la baguette – viennent à s’en inquiéter. C’est ce qu’on peut lire sur les sites des Echos et de Boursorama qui reprennent une dépêche de l’AFP. Et dont voici l’essentiel.
“Toutes les composantes d’une crise sociale risquent d’être présentes” dans les prochains mois, juge la note de conjoncture sociale de l’association Entreprises et personnel, qui réunit plus de 150 responsables de ressources humaines et experts. Ceux-ci relèvent pêle-mêle : “la déchirure”, la “faible adhésion au pouvoir”, “l’absence d’alternative politique crédible”, la “multiplication probable des situations personnelles difficiles et des frustrations”, la “montée de la conflictualité dans nombre d’entreprises contraintes à la rigueur, voire aux réductions d’effectif” et la “contestation rampante dans le secteur public”.
Ils estiment que “la crise va dramatiser le climat social” et que “la conflictualité va monter d’un cran dans les entreprises du fait de la rigueur salariale et des suppressions d’emploi”.
Estimant que les “scénarios économiques les plus pessimistes” ne sont “plus invraisemblables”, la note explique qu’ils auraient “rapidement des conséquences très négatives: appauvrissement de nombreux Français, montée sensible du chômage et difficulté des ménages modestes”.
“Un durcissement des politiques d’indemnisation du chômage, de l’assurance maladie ou des retraites complémentaires ou la multiplication des plan sociaux pourraient servir de détonateur”, juge la note, qui estime qu’une “unité d’action à même de canaliser un mécontentement général est peu probable”.
En clair, les DRH vont jusqu’à envisager des “conflits durs” qui déborderaient ici ou là, voire de façon plus large, les mots d’ordre syndicaux. Tant et si bien que le “groupe d’experts” invite les entreprise à “s’engager prudemment sur le terrain de la renégociation des 35 heures”, et à réfléchir aux contreparties qu’elles pourraient proposer “en terme de conditions de travail par exemple”. Tiens donc.
L’avertissement qu’ils lancent en conclusion ne sert qu’à démontrer qu’ils ont un léger temps de retard sur les réalités. “La possibilité de remise en cause des jours RTT, la perte générale de pouvoir d’achat et l’affichage d’une profitabilité élevée dans de grands groupes risquent d’alimenter les mécontentements”, qui “ne se traduiront pas nécessairement par une conflictualité ouverte”, mais “pourront prendre la forme plus pernicieuse d’un désengagement silencieux, voire d’autres formes de grèves froides”
Bein, oui…
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